Deux semaines après la disparition des petites Stacy et Nathalie à Liège (est), la justice belge en était toujours réduite vendredi à explorer une multitude de pistes, l'enquête n'ayant apporté aucun élément matériel permettant d'en privilégier une par rapport aux autres.
"On continue à faire tout ce que la juge d'instruction nous demande", a expliqué le chef de la "cellule disparitions" de la police fédérale, Alain Remue, qui a supervisé vendredi une nouvelle battue sur les coteaux de l'ancienne citadelle de Liège, sur les hauteurs de la ville.
Les enquêteurs ne savent donc toujours rien du sort de Stacy (7 ans) et Nathalie (10 ans), disparues dans la nuit du 9 au 10 juin lors de la braderie au quartier liégeois de Saint-Léonard à laquelle elles avaient accompagné leurs parents.
Jusqu'ici, Abdellah Ait Oud, un Marocain de 38 ans, reste le principal suspect de la juge d'instruction Pascale Goossens, qui l'a placé en détention préventive.
Présent le soir des faits aux "Armuriers", le bistrot à proximité duquel les fillettes ont disparu, ce pédophile récidiviste avait tellement bu que ses explications sont confuses. Mais, lors de ses très longs interrogatoires, il a constamment clamé son innocence.
Elément positif pour Abdellah Ait Oud, les premiers résultats d'analyses de traces de sang prélevées chez lui n'ont pas révélé de passage des fillettes par son appartement. Les résultats définitifs de ces tests devraient être connus dans les prochains jours.
Le maintien en détention d'Abdellah Ait Oud sera examiné le 27 juin par la chambre des mises en accusation de Liège.
Depuis deux semaines, les enquêteurs se sont aussi intéressés aux autres pédophiles connus de la justice qui habitent dans le quartier. Ils ont également songé à un "prédateur" qui, à la façon de Marc Dutroux ou de Michel Fourniret, enlèverait ses victimes pour en abuser à l'abris des regards.
Rien de concret n'est cependant venu étayer cette thèse qui fait frémir la Belgique.
S'ils excluent l'hypothèse de la "fugue" proprement dit, les enquêteurs estiment que les petites filles, lassées par la durée de la fête, ont peut-être décidé de rentrer seules à leur domicile, pourtant éloigné d'une dizaine de kilomètres.
Elles auraient pu faire une "mauvaise rencontre" en chemin, avoir été victimes d'un accident de voiture ou être tombées dans la Meuse. Là encore, aucun élément concret ne permet de privilégier cette piste.
L'hypothèse d'un drame intrafamilial a également été envisagée, principalement par la presse belge, qui a relevé l'existence de tensions entre les différentes branches de la famille des fillettes. Les autorités judiciaires ont cependant qualifié cette piste de "pas sérieuse".
Enfin, une campagne d'affichage, qui concerne à présent une trentaine de pays, n'a pas non plus donn&eacut
; de résultats. "Il n'y a aucun élément qui nous mène à croire qu'il y a quelques chose d'important à l'étranger", a déclaré vendredi le commissaire Remue.